Le point de vue de Philippe Caroit sur l'écologie personnelle et planétaire | Interviews | Actualités

Le point de vue de Philippe Caroit sur l'écologie personnelle et planétaire PDF Imprimer Envoyer

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Interview exclusive pour www.bienenvie.com vendredi 25 septembre 2009

 

Pourquoi avoir choisi d'accorder cet entretien à www.bienenvie.com?

Philippe Caroit: j'ai choisi d'accorder cet entretien tout simplement parce que j'apprécie la démarche de www.bienenvie.com.

Je tiens à préciser que je ne prétends donner de conseils à personne. Ce qui est bon pour moi, ne l'est pas forcément pour d'autres.

• Pour vous, être Bien En Vie, qu'est-ce cela signifie?

Être Bien En Vie pour moi, est se sentir en équilibre entre le monde intérieur que nous sommes seuls à comprendre, et le monde extérieur. Et cet état de stabilité est fondamental.

J'ai la sensation d'être une membrane entre mes pulsions et les réalités du contexte extérieur (énergétique, climatique, politique), l'influence psychique de mes lectures......

Être Bien En Vie, c'est savoir se positionner dans notre environnement. C'est pour moi la clé de l'équilibre, pour ne pas être dans l'autodestruction.

• Pouvez-vous parler d'écologie personnelle? Quel rapport avec l'écologie de la Planète?

Pour trouver sa plénitude humaine, il est important de ne pas oublier que nous appartenons au règne animal. Quand nos pulsions animales ressurgissent, il peut se créer un déséquilibre.

La "Civilisation" a élevé l'homme au-dessus de l'état animal et nous a amenés à réfréner certaines pulsions. Nous avons un cerveau reptilien ; c'est le plus ancien. Le cortex l'a poli. Vous voyez, j'ai quelques souvenirs de mes études de médecine (ajoute Philippe en souriant). Il est essentiel de ménager cette part d'animalité, de lui donner de l'oxygène.

Pour ma part, je lui en donne en faisant beaucoup de sport. C'est très positif. Par exemple, quand je cours, peut-être l'instinct du chasseur se réveille-t-il ? J'ai parfois le sentiment quand je cours très vite, qu'une mémoire archaïque de peur me stimule.

Pour moi, l'écologie personnelle ou planétaire consiste à s'adapter, car tout change tout le temps. C'est le propre de la vie.

Nous sommes une partie de l'ensemble (tellurique, cosmique) et nos comportements interagissent.

• Vous dites que le plus difficile est de se connaître soi-même. Pourquoi?

On peut se documenter sur un pays, mais on est le seul à pouvoir se connaître. C'est le domaine le plus mystérieux, car il inclut nos héritages familiaux et trans-générationnels.

La connaissance de soi est un chemin parfois difficile, et on peut se faire accompagner par un thérapeute ou choisir une autre voie d'accompagnement.

• Qu'est-ce que vous faites pour mieux vous connaître?

Je n'oublie jamais ma part d'animalité, je l'accueille et m'en sert. Quand j'ai un choix à faire, j'y réfléchis de manière rationnelle, puis je vais courir. C'est pour moi une forme de méditation, comme à une autre époque de ma vie, j'ai pratiqué le yoga. Je fais le vide en courant. Je me cale sur le souffle, (comme en yoga). Je fais confiance à la chimie de mon corps. Quand j'arrête ma course, je me fie à la réponse que je reçois.

Je trouve que l'éducation à l'école, intellectualise beaucoup trop. Les programmes devraient être simplifiés. Il faut apprendre à faire confiance au ressenti, à utiliser les énergies physiques aussi !

Privilégier le ressenti va à l'encontre des codes d'apparence sociale et du langage mental, cérébral.

Je ressens tout de suite ce qui est négatif pour moi. Il m'arrive de quitter une pièce, si je sens des énergies qui me sont négatives. Voilà le travail que je fais pour mieux me connaître. Nous sommes des capteurs et des émetteurs d'énergie.

C'est un cadeau que l'on fait à l'adulte de revenir au ressenti, souvent propre à l'enfance.

• Quel est le rôle de la confiance dans la connaissance de soi?

Nous sommes menés par nous-mêmes. Il s'agit d'être en accord avec soi-même, faire ce que l'on dit. Quand on n'agit pas en fonction de ce que l'on pense vraiment et dit, on peut "péter les plombs" et sombrer dans la dépendance (alcool, nourriture, drogues......).

Il est bon de faire circuler les énergies, les désirs et les exprimer, contrairement à ce que l'éducation nous incite à laisser paraître. Ne pas laisser les émotions nous étouffer. C'est très salvateur de pousser un grand cri quad on en a besoin.

Faire confiance à son ressenti, et ne pas construire une carapace, c'est vital.

• Avez-vous des règles de vie, des rituels?

Des règles, pas vraiment. Un rituel, oui, le matin. Je prépare tranquillement mon entrée dans la journée : je bois un grand verre d'eau (je bois beaucoup d'eau dans la journée aussi), je masse mes pieds sur un boulier en billes de bois (dix à vingt secondes), puis je me prépare du thé et bois une orange pressée. Je respecte mon rythme au réveil.

Pour le reste, j'évolue dans un contexte libre : si j'ai envie de manger un kilogramme de viande, je le fais ! Quitte à ce que dans les jours qui suivent, je sois totalement végétarien. J'écoute mon corps, j'interroge l'assiette : de quoi ai-je vraiment envie, besoin, là, maintenant ?

J'ai aussi un besoin presque addictif au sport ; j'ai besoin de me fatiguer physiquement. J'adore l'état dans lequel je me trouve après. Mon sport préféré est le tennis que je trouve ludique et stimule mon sens de la stratégie.

J'adore aussi l'eau, nager. J'en ai besoin. Je peux me baigner dans la mer même en plein hiver.

Je ne bois pas d'alcool dans la journée ; parfois, volontiers le soir.

• Prenez-vous soin de votre santé physique, spirituelle?

Je ne sépare pas le corps de l'esprit. Si je ne me sens pas bien physiquement, je ne me sens pas bien dans ma tête.

La vie est due à l'éclosion de deux cellules qui se rencontrent. Nous ne sommes que de la matière porteuse de poésie, de souffrance aussi.

Je n'ai pas de pratique religieuse, même si j'ai été élevé dans la confession catholique.

Certains lieux de culte (temples, mosquées, églises...) m'attirent. Quand je vais bien (et seulement dans ce cas !), quelques fois, je me surprend à prier sans avoir de demande particulière.

Je cultive plutôt le « ici et maintenant » de la philosophie bouddhiste. J'essaie de me recentrer sur l'instant présent.

La spiritualité, je la ressens quand je cours dans la forêt par exemple ; je ressens de l'harmonie.

Je tente de simplifier au maximum. J'ai beaucoup voyagé et ai constaté que dans certains pays comme en Afrique, si la population est majoritairement en situation de survie, elle exprime aussi beaucoup de joie.

• Menez-vous des actions conscientes au quotidien, pour améliorer vos relations aux autres et à la planète?

Dans ce domaine j'ai conscience d'être dans la moyenne. Je prends l'avion (donc je pollue), mais je fais du tri sélectif et pense à fermer le robinet d'eau.

Il existe une quantité extraordinaire d'énergies disponibles (solaires, marée ou autres) et pas utilisées. Il y a des solutions d'ordre politique à mettre en œuvre.

• Comment conciliez-vous votre métier de comédien, le rythme qu'il impose parfois et vos valeurs de respect, d'écoute de soi et des autres?

J'exerce un métier de groupe : la troupe au théâtre, l'équipe du tournage de films.

Il est fondamental de gérer le mieux possible les rapports à l'intérieur du groupe et je trouve cela intéressant. Je salue tout le monde à mon arrivée. Je ne fais pas semblant. Là encore, je fais confiance à mon ressenti. J'exprime mon mécontentement, ou j'ignore selon les circonstances, ou encore je « récupère » ce qui se passe pour l'intégrer à mon jeu d'acteur.

• Espace de liberté, tolérance, partage, écoute, respect font partie de votre vocabulaire...... Concrètement, comment mettez-vous ces valeurs en pratique?

Je connais mes défauts : mon côté justicier, l'indignation devant le manque de respect, la colère......J'ai tiré les leçons de l'expérience. J'ai compris que la colère me pourrit la vie, me crée un mal-être. Je suis devenu plus « cool » avec les personnes qui ont des comportements qui m'insupportent. Je suis plutôt impulsif, j'aime aller vite. J'essaie de me calmer.
C'est sans doute mon côté animal qui ressurgit. J'ose affronter les situations, en rébellion sans doute à une éducation de politesse excessive.

J'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui sont naturellement tolérants. J'y travaille !

• Que pensez-vous de la vie en société actuellement, dans les grandes villes occidentales en particulier?

C'est le drame de la solitude due à l'individualisation extrême. La communication virtuelle (achats et autres via internet) entretient cette solitude.
La « fête des voisins » c'est bien, mais pourquoi attendre cette occasion pour fêter les relations entre les humains ?

• Croyez-vous que nous portons en nous les solutions aux difficultés d'ordre social, économique, environnemental, personnel?

Je crois à la force du pouvoir des politiques sur la société. On peut infléchir les décisions en choisissant les hommes politiques qui dirigent. Je crois à l'exemple : Nelson Mandela entre autres......

Les prises de consciences individuelles se font aussi en fonction de nos vécus.

Je ne suis pas pessimiste sur la nature humaine.
Ne pas aller trop vers soi, prendre conscience de l'autre peut réactiver la solidarité et faire évoluer la société. L'effet de balancier vécu en mai 68, peut revenir. Le souffle communautaire peut faire bouger les lignes. Le changement est permanent.

Les « politiques » se comportent de manière très égoïste au plan planétaire. La taxe Tobin (taxation des transactions monétaires internationales), on en rêve !

• Êtes-vous engagé dans une action collective de défense des valeurs qui sont les vôtres?

Je ne suis pas accroché à une association. Si je peux apporter une pierre à l'édifice, je le fais. Je reste ouvert. Peut-être un jour......

• Le mot de la fin ???

« Inch Allah » Tout peut basculer ou monter. L'homme a beaucoup d'atouts en mains. J'ai confiance en la nature humaine, en sa capacité à rebondir, à ressurgir.

 

Le site officiel de Philippe Caroit: www.philippecaroit.com


 

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