Expérience humanitaire à ROKPA, Népal
J'ai 30 ans, je travaille à Paris dans une entreprise multimédia ; pendant mes week-ends, je suis bénévole dans une association humanitaire pour les sans-abri. Je ressens de plus en plus un appel vers une vie avec plus de sens pour moi, à aider, à être avec les autres. Deux ans auparavant j'ai fait un voyage magnifique au Népal avec de très belles rencontres ; l'une d'elles, l'association ROKPA qui s'occupe d'enfants orphelins et qui pendant l'hiver distribue à manger aux plus pauvres. Pour cela, tout bénévole est bienvenu.
Ma décision est prise, je pars à Katmandou pour 3 mois servir ces sans-abri. Quel vertige ! Je quitte mon boulot, contacte l'association et prend l'avion au mois de novembre. Excitation et peur au ventre.
Dans un cadre certes fantastique, un quartier bouddhiste où règnent les stuppas, les monastères et les voyageurs en quête de sens, je me retrouve à nettoyer une zone décharge, à construire un accueil rudimentaire constitué de bancs et de tentes et à distribuer des repas.
8 ans après, les images sont encore très fortes : une foule de personnes de tout âge, adultes, vieillards, enfants arrivent sur le lieu. Un népalais a préparé dans de grandes marmites le dal bat turkary ( lentille riz légumes) qui sent si bon. Tout ce monde prend place sur les bancs bricolés. Nous distribuons des récipients puis nous passons dans les rangs avec une marmite pour remplir les bols.
Un sentiment très fort, alors que je suis accroupie pour être à la hauteur des personnes assises, je m'arrête devant elles, un échange, un regard, un sourire et le Bonheur de Donner.
Je me sentais à ma place, à une juste place, c'est moi qui étais remplie, c'est eux qui me donnaient.
Cette expérience a été magnifique, je passais outre pourtant le contexte alarmant de ces gens très très pauvres, leur sourire était si beau ! Un sourire authentique, reflet du cœur, de l'accueil, de la gratitude, expression spontanée de joie, un sourire naturel.
Je suis heureuse de l'avoir fait, d'avoir osé.
Á mon retour que j'appréhendais, cela a été plus simple que prévu ; après avoir été témoin de la difficulté de vie dans laquelle sont plongés des milliers de personnes et de la joie naturelle qui les habitent, je me suis sentie très chanceuse dans mon pays. Je n'avais pas le droit de me plaindre et de ne pas profiter de la vie.
Suite à ce séjour, j'ai eu envie de garder du sens dans ma vie, sens à travers mon lieu de vie que je voulais proche de la nature, sens à travers mon travail que je souhaitais au service des autres, sens à travers ma vie quotidienne, dans l'accueil, dans le fait d'apprécier le moment présent.
Tout d'abord conscience des priorités : un grand désir de donner la vie ! Grand projet que nous avons mis en route avec mon compagnon dès mon retour.
Ensuite désir d'être dans un lieu proche de la nature où le regard pourrait se perdre, où le rythme de vie se trouverait ralenti, loin de celui de Paris. Grâce à une opportunité, j'ai atterri dans une jolie petite maison marseillaise au bord de l'eau !
J'ai souhaité également changer de métier, de "responsable de projet internet" je suis devenue "consultante en bilan de compétences" à aider des personnes à trouver leur voie, à leur redonner confiance. Que de belles et riches rencontres !
Volonté d'accueillir à mon tour des personnes étrangères dans mon pays ; cette année-là, en revenant du Népal, j'ai croisé des touaregs du Niger ; ils viennent maintenant nous voir chaque année et j'essaie de les aider à vendre leur artisanat pour faire vivre leur famille pendant l'année.
Et enfin cette expérience humaine a encore renforcé ma volonté de profiter du moment présent ! J'essaie et si ce n'est pas toujours facile, mes enfants me le rappellent chaque jour !
Caroline.
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J'ai 30 ans, je travaille à Paris dans une entreprise multimédia ; pendant mes week-ends, je suis bénévole dans une association humanitaire pour les sans-abri. Je ressens de plus en plus un appel vers une vie avec plus de sens pour moi, à aider, à être avec les autres. Deux ans auparavant j'ai fait un voyage magnifique au Népal avec de très belles rencontres ; l'une d'elles, l'association ROKPA qui s'occupe d'enfants orphelins et qui pendant l'hiver distribue à manger aux plus pauvres. Pour cela, tout bénévole est bienvenu.
Ma décision est prise, je pars à Katmandou pour 3 mois servir ces sans-abri. Quel vertige ! Je quitte mon boulot, contacte l'association et prend l'avion au mois de novembre. Excitation et peur au ventre.
Dans un cadre certes fantastique, un quartier bouddhiste où règnent les stuppas, les monastères et les voyageurs en quête de sens, je me retrouve à nettoyer une zone décharge, à construire un accueil rudimentaire constitué de bancs et de tentes et à distribuer des repas.
8 ans après, les images sont encore très fortes : une foule de personnes de tout âge, adultes, vieillards, enfants arrivent sur le lieu. Un népalais a préparé dans de grandes marmites le dal bat turkary ( lentille riz légumes) qui sent si bon. Tout ce monde prend place sur les bancs bricolés. Nous distribuons des récipients puis nous passons dans les rangs avec une marmite pour remplir les bols.
Un sentiment très fort, alors que je suis accroupie pour être à la hauteur des personnes assises, je m'arrête devant elles, un échange, un regard, un sourire et le Bonheur de Donner.
Je me sentais à ma place, à une juste place, c'est moi qui étais remplie, c'est eux qui me donnaient.
Cette expérience a été magnifique, je passais outre pourtant le contexte alarmant de ces gens très très pauvres, leur sourire était si beau ! Un sourire authentique, reflet du cœur, de l'accueil, de la gratitude, expression spontanée de joie, un sourire naturel.
Je suis heureuse de l'avoir fait, d'avoir osé.
Á mon retour que j'appréhendais, cela a été plus simple que prévu ; après avoir été témoin de la difficulté de vie dans laquelle sont plongés des milliers de personnes et de la joie naturelle qui les habitent, je me suis sentie très chanceuse dans mon pays. Je n'avais pas le droit de me plaindre et de ne pas profiter de la vie.
Suite à ce séjour, j'ai eu envie de garder du sens dans ma vie, sens à travers mon lieu de vie que je voulais proche de la nature, sens à travers mon travail que je souhaitais au service des autres, sens à travers ma vie quotidienne, dans l'accueil, dans le fait d'apprécier le moment présent.
Tout d'abord conscience des priorités : un grand désir de donner la vie ! Grand projet que nous avons mis en route avec mon compagnon dès mon retour.
Ensuite désir d'être dans un lieu proche de la nature où le regard pourrait se perdre, où le rythme de vie se trouverait ralenti, loin de celui de Paris. Grâce à une opportunité, j'ai atterri dans une jolie petite maison marseillaise au bord de l'eau !
J'ai souhaité également changer de métier, de "responsable de projet internet" je suis devenue "consultante en bilan de compétences" à aider des personnes à trouver leur voie, à leur redonner confiance. Que de belles et riches rencontres !
Volonté d'accueillir à mon tour des personnes étrangères dans mon pays ; cette année-là, en revenant du Népal, j'ai croisé des touaregs du Niger ; ils viennent maintenant nous voir chaque année et j'essaie de les aider à vendre leur artisanat pour faire vivre leur famille pendant l'année.
Et enfin cette expérience humaine a encore renforcé ma volonté de profiter du moment présent ! J'essaie et si ce n'est pas toujours facile, mes enfants me le rappellent chaque jour !
Caroline.
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